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31 juillet 2008

Ca vous est déjà arrivé...

...de se lever un de ces quatre matins, agressé par des pensées noires sur tout ce que vous avez à faire dans la journée? Alors on referme l'oeil, on cale son cerveau sous son oreiller, on asphyxie toute amorce de réflexion. Mais on ne peut pas fuir de la sorte indéfiniment, et quand le réveil sonne pour la quatrième fois à midi, on décide d'enfin poser un pied par terre.

...de se sentir nulle à tout, bonne à rien? Lire Brooklyn Follies et se divertir des follies du sextagénaire quand une pile de bibliographies commence à se décomposer à l'extrême Est du bureau. Que tant de choses admetteraient que je m'en occupe dans l'instant -mais qu'est ce que cette procrastination débile et toute-puissante?

J'avais même préparé une petite liste de choses à faire... niet. Je vais une fois de plus tuer le temps, tourner en rond,  "gâcher" une journée de vacances -ô, sacrilège-...
Je ne suis plus capable de rien depuis mon retour à Paris. Le cocon familial me rend faible, impuissante face à la vie. Je n'en peux plus d'attendre... Tout est insipide, amer, tout m'irrite, je suis aigrie. Haïssable.
Moi qui si souvent ait manqué de temps cette année, je commence à apercevoir la ligne de crête des problèmes. Elle se profile uniquement et c'est le pire: pas incisive mais incidieuse.
Tu me manques, et je te veux absolument.
... Je commence même à être pessimiste. Shit.


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God, what's happening with me?

Je crois que cette séparation a dû débloquer quelque chose en moi, au niveau physiologique je veux dire.
Je ne me reconnais plus du tout. Déjà, je ne fume plus. Vrai de vrai, je n'ai même pas envie de me griller une quelconque once de cigarette, après deux semaines passées à fumer du lever au coucher non-stop.
Deuzio, je fais du sport. Même pas par contrainte type discours réchauffé "bon on va prendre les choses en main blabla sport blabla bon pour la santé blabla...". Non non non, vous dis-je: quasi-instinctivement. J'ai juste envie d'en faire. De faire en tout et pour tout une centaine d'abdos par jours, d'aller courir à grosses grosses foulées pendant une demi-heure et de rentrer épuisée, ruisselante. Et ce n'est pas tout! Je bois au moins deux bouteilles  d'eau par jour. Quatre avant-hier.
Voilà ce qui cloche: mes envies, pour peu qu'elles en soient, sont assez... démesurées, étranges surtout. J'ai l'impression d'avoir atterri dans un monde absurde. Oui, absurde.

Pour me donner du courage (ie afin de patienter sans avaler, de dépit, une demi-douzaine de boîtes de Guronsan), je joue intérieurement avec la notion de temps. Je cherche à précipiter le cours des évènements en regardant les manteaux pour cet hiver, les fournitures scolaires dans les magazines, en pensant aux cartons que je vais faire et aux décos de ma future nouvelle chambre... Quand le passé est trop diffiicile à accepter, je me projette dans un temps encore inconnu. Je fais jouer mon imagination, je rêvasse, je fais des projets qui, pour la plupart, n'iront pas plus loin que l'aurore. En ce moment-même, je me surprends à penser week-end à Pragues à la rentrée. Rome? Nowhere, sûrement. Mais que c'est bon de formuler un espace-temps encore imprévu, encore inexistant, de le devancer; de lui donner un sens avant même qu'il ne soit.
***
Je me trimballe ce vieux tee-shirt à longueur de journée. Son odeur, elle, me ramène à un temps révolu. A ses bras au coucher. A ses petits mots doux au réveil.  A sa voix posée, qui prononce en détaché et d'un air grave les syllabes de mon prénom. J'attends désespérement de tes nouvelles, un petit message ou un appel, un mail une lettre un hurlement ou que sais-je... Vivement que je te rejoigne, dans ce beau Berlin que tu me feras découvrir, à l'aune de tes calins. Faïtes que faîtes que....
***
Demain sera -je l'espère- une journée bien ancrée dans son temps. Dernière journée de repos avant la reprise du travail, et tant de paperasse à gérer... Bienvenue dans le monde des résponsabilités, ma grande. Tu voulais être adulte... la voie est libre.

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Un jour, mon prince viendra...

J'étais la princesse, et lui le prince charmant. Ou non. J'étais la fille amoureuse et mièvre, lui le fier et preux chevalier servant.
C'était notre dernière soirée ensemble. On l'a passée à se regarder dans le blanc des yeux, à se tenir la main, à s'embrasser fougueusement. Je n'avais encore jamais passé de soirée plus romantique, plus...clichée. On a déambulé dans les plus beaux quartiers de la ville-lumière, on a fait une pause pour admirer la ville endormie au Sacré-Coeur, dans les ruelles de Montmartre -l'avenue aux mille brouillards, la valse des amoureux,... Que c'était bon de sentir sa peau sucrée, ses lèvres rebondies. De m'arrêter, surprise, au milieu d'une ruelle, pour le voir m'embrasser d'un élan fougueux...
J'avais oublié ce que ça faisait, d'être amoureuse. Le coeur qui bat un peu plus fort, les pensées qui virevoltent, la bouche qui s'imprime d'un sourire-banane...
Je ne me suis jamais autant sentie "en couple" qu'avec lui, moi qui ne l'ai jamais si peu été. Le paradoxe est à l'image de cette histoire -romanesque, incompréhensible, passionnelle.
Fusion. Transgression. Oubli.
On est rentrés sous une petite pluie fine, moi chantonnant à son bras
                                      Un p'tit coin d'parapluie, pour un coin d'paradis...
C'était une soirée hors-temps, où celui-ci s'est arrêté. Une soirée véritablement    belle. C'était une bulle, un espace et un temps protégés de toutes les agressions extérieures à cette histoire, si bizarre et affranchie soit-elle.

Une nuit d'amour, tendre et déraisonnée. Me réveiller dans ses bras. Mmmh. Que c'est bon de ne plus être célibataire...

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Puisqu'il le faut...

Il faut bien se décider à reprendre le fil un jour où l'autre. Si je m'écoute, je vais laisser ce blog décrépir; il connaitra le même sort que l'autre.
Par où commencer?
Une soirée, une nuit. Un dernier appel de F., fébrile, qui vérifie les derniers préparatifs, me donne les dernières informations... Bon. J'y vais, j'y vais pas? Je ne peux pas les laisser comme ça. Et puis au fond, j'en ai envie; c'est juste cette journée attroce de travail qui m'a démoralisée. Une heure du matin, je me décide à commencer mes valises... Quelques heures plus tard nous voilà, la bande de joyeux lurons -pas au complet- serrés les uns les autres dans la mini-voiture de D. La première semaine se passe très bien, je me bidonne bien avec ces garçons. On gagne en complicité chaque jour, même après tant de temps à se cotoyer.
Puis sans vraiment comprendre ce qui m'arrive, LUI. Il arrive. Il prend toute la place. Et R. qui est censée être devenue aussi mon amie... Et avec qui il est censé être, lui.
On ne comprend pas ce qui nous arrive. On s'aime. On devrait pas.

Les autres jugent, ne comprennent pas, se questionnent. J'aimerais leur dire que j'ai autant de mal à comprendre qu'eux.

-Quo vadamus?-

Là tout de suite, ça m'agace d'écrire; ce message est d'un réducteur... C'est vain, c'est vide. Et qu'est ce que c'est mal écrit.

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28 juillet 2008

Vacances.

De retour ce matin du fameux séjour avec eux, qui a finalement eu lieu. Que dire? Splendide semaine, séjour de l'imprévu. Lui. Eux. La vie est belle. Le retour, dur.
                   -Je me force à écrire, autant arrêter là-

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04 juillet 2008

Chronotope

J'ai enfin vu K., comme prévu. C'était... génial. Comme d'habitude, hors-temps, hors-espace; et pourtant tellement imbriqué dans un espace et un temps précis. Une bulle. Après le rituel pot assises toutes les deux à la terrasse d'un café à discuter (-dialoguer-), nous avons marché dans Paris, arpenté les rues, nous sommes arrêtées sur les quais de Seine... Puis l'heure du repas à sonné -pourquoi ne pas prolonger ce bon moment? Nous voilà parties à la recherche d'un restau sympa. Un libanais, un sandwich, un trottoir, quelques gouttes de pluie par intermittence, des voix qui s'accordent, une belle après-midi. Date fixée pour la prochaine revoyure, il est l'heure de prendre mon RER. Je le rate à quelques secondes près, j'attends une heure dans ces couloirs tristes et laids, et sans réseau s'il vous plaît, empêchée par la migraine qui s'installe de me concentrer sur une quelconque ligne de vieux Françoys. Dans le lointain, un regard vague qui devient de plus en plus fixe. Qui me fixe. Certes beau, mais le train arrive...

  Dans le train du retour, les images de la ville m'apaisent et me bercent, toujours Rabelais entre les mains et Rêve d'amour à plein tube dans les oreilles... Elle me fait grandir, elle m'aide à aborder la vie de façon plus équilibrée. Le sait-elle seulement, ou plutôt l'a-t-elle seulement com-pris (au sens fort, étymologique, du mot)? J'ai été interrompue dans mes rêveries lorsque ma poche a vibré, puis mon téléphone s'est mis à sonner sans interruption. Pêle-même: un entretien d'embauche, H. qui se renseigne (accessoirement me renseigne) sur les possibles vacances qu'on passerait, T. qui voudrait qu'on se voit samedi,... Dire OUI. Avancer.

Et toujours ces phrases lapidaires. Moi qui aime le labyrinthique, qui aime Proust et Gracq pour ça... Aller à l'essentiel. Serrons les dents et allons-y, à l'essentiel.

http://youtube.com/watch?v=glzm0O0jZP8

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02 juillet 2008

Flic, Flac.


Découvrez Bob Dylan!

Une journée versaillaise. Que cette ville est triste lorsqu'il pleut, lorsque ses briques massives et ses avenues interminables s'imprègnent du gris de la pluie. Mais alors, qu'est ce qu'elle est belle. J'ai traîné mes tennis neuves un peu partout, profitant de mes pérégrinations pour déposer çà et là Curriculum Vitae et lettres de motivation... Bon certes, j'ai fait ça pour avoir la conscience tranquille, pour avoir l'impression d'avoir fait quelque chose d'utile aujourd'hui. On verra ce que ce ça donne le moment venu.

Une fois ma pochette de CV vidée, je me suis accordée une petite heure de répit à la terrasse d'un café. J'ai regardé avec attention les exhalaisons de fumée blanche sortir de ma bouche, pour disparaître dissoutes par les gouttes compactes de pluie. J'ai regardé les passants -les beaux, les moches, les drôles, les pressés, les flâneurs, les touristes... Assise à cette terrasse, j'ai ouvert Gargantua et j'ai lu, lu, lu. C'est drôle, c'est fin (et oui!), c'est cultivé. Je me régale à lire ce livre, je ris aux éclats sans arrêt. Bref, panégyrique rabelaisien terminé, mon téléphone sonne. C'est K. : "On ne devait pas se voir aujourd'hui?". Mais oui, c'est vrai, ce rendez-vous! "Euh ah oui... mais euh... Si on faisait ça demain?". Il va falloir se rattraper demain, être ponctuelle et tout et tout, et Dieu sait que je ne suis pas douée pour ce genre de choses. H. qui part demain matin et qui ne revient qu'en septembre, M. qui réapparaît, F. injoignable, G. qui veut que je vienne passer le week-end chez elle... Que de départs, de retours, d'innattendus, de mouvement. Ca me décomplexe, mon déséquilibre chronique n'est pas qu'interne à ma personne.

Voilà, il est l'heure de rentrer. J'ai vissé mon Ipod sur mes oreilles, et c'était parti. Une longue balade dans le tout-Versailles, qui m'a remise du baume au coeur. Le flic-flac de la pluie sur mon parapluie, mes chaussures, les pavés, les abris-bus, les passants. Le bruit régulier et cadencé... que j'aime ça. Mes oreilles toujours reliées au petit boitier noir, les musiques défilent, je me sens libre. La pluie dissout la brume.   

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Sea, Sex and Sun.

C'est l'indécision qui me mine. Les vacances, la rentrée qui approche, les amours plus qu'instables,... tout est source d'indécision, de prise de tête, de procrastination.

Les journées se suivent et se ressemblent. La chaleur de cette ville me paraît étouffante, après le bol d'air géant que m'ont procuré ces derniers mois. Les sorties sont beaucoup moins "folklos" ici, chez papa-maman, que dans mon "chez-moi" parisien, petit cocon où règne l'imprévu. J'essaye de me convaincre qu'avec un peu de volonté je pourrais mener une vie semblable ici, aussi piquante et innatendue, voir du monde, avoir les mêmes loisirs... Mais non, non. Alors je flane. Je fais les boutiques avec T., je lis en me dorant la peau au soleil, je fais des siestes et des projets, je parisiane (-du verbe parisianer-); je traîne mes spartiates en cuir sur ses pavés brûlants et irréguliers. Les vacances chez H. me paraissent compromises, déjà. Je rêve tellement de cette petite semaine loin de tout, avec eux, de ces soirées estivales où, installés dans l'obscurité du jardin, nous pourrions boire, fumer, danser, s'épuiser à vivre... Nous surprendre à refaire le monde, dans le feu de nos vingt ans. Plus j'y pense plus je sens ce projet s'effriter, plus je pressens le non catégorique. Bouh.

J'ai deux mois. Après une année épuisante, j'ai deux mois pour récupérer ces innombrables nuits blanches successives, pour me reposer, pour faire ce que je n'ai pas eu le temps de faire dans l'année et que je repoussais très justement à cette période. La paperasse, du rangement, du tri, des gens à voir, des livres à lire, des choses à faire.

Bibliographies khâgneuses à travailler. Et oui, mademoiselle n'est plus en hypo... et by son statut de khâgneuse elle a gagné le droit de travailler jusqu'à plus soif durant ces vacances. De ficher, de lire à s'en décoller les pupilles, de déchiffrer du vieux Français rabelaisien avant de s'attaquer à la poésie absconse de Nerval.

Je voudrais. Je veux. Me donner un peu plus d'insouciance. Redevenir ce papillon de légereté que j'ai pu être il y a peu encore. Je veux renaître à leur côté dès mi-juillet... Faîtes que faîtes que faîtes que.

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C'est (re)parti.

J'ai abandonné l'autre. Je recommence, ici. Différemment, peut-être.

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